← Projets finissants
Portrait de Ariane Pilon Ariane
Pilon
Unité 02 — Casillas Gamboa Supervisée par Thibault Nguyen
Apercu de la planche de vernissage

Les Archives du courant

Les ruines des rapides Deschênes : lire le temps entre eau, histoire, mémoire et paysage

Face à l'effacement progressif des traces patrimoniales et à la fragilité des lieux oubliés, cet essai-projet propose de considérer l'oubli comme une ressource. Ancrée dans les ruines des rapides Deschênes à Aylmer, la recherche interroge la manière dont la ruine, entre persistance et disparition, peut devenir un support de mémoire collective. Le projet cherche à révéler leur potentiel sensible, historique et paysager. L'architecture devient alors un outil de médiation, capable de rendre lisible ce qui subsiste, de transmettre ce qui tend à disparaître et de retisser un lien entre la communauté, l'eau, le territoire et les traces du passé.

D'un point de vue conceptuel, Les Archives du courant s'inscrit dans un dialogue entre la matière, l'eau et le temps. La ruine y est abordée comme une archive matérielle, où les marques d'érosion, les fragments, la végétation et le mouvement des rapides témoignent à la fois de l'abandon, de la transformation et de la mémoire du lieu. À partir de cette évolution progressive, l'intervention transpose la dégradation de la ruine en une séquence spatiale, du plein au fragment, puis à la ligne fine. Cette dématérialisation devient une métaphore du temps qui agit sur la matière, révélant autant la fragilité que la persistance des vestiges. L'intervention ne cherche donc pas à reconstruire ce qui a disparu, mais à accompagner ce qui demeure.

Programmatiquement, le projet se déploie comme un parcours immersif menant progressivement le visiteur de la rive vers les ruines. Un seuil d'accueil, comprenant un café et une halte vélo, marque l'entrée du site et invite à amorcer la découverte. Le centre d'interprétation permet ensuite de transmettre l'histoire industrielle des rapides Deschênes et de rendre lisibles les traces du passé.

À travers les passerelles, les plateformes d'observation et les espaces de proximité avec les vestiges, le visiteur est amené à expérimenter physiquement la ruine, le courant et le paysage. Le bain extérieur prolonge cette relation sensible en établissant un contact direct entre le corps, l'eau et le site. Ainsi, Les Archives du courant transforme un lieu menacé d'effacement en un patrimoine habitable, naturel, historique et collectif.